Archives du mois : décembre 2007

Questions sur la néogéographie…

Avant de vous parlez du débat qui a eu lieu il y a quelques jours autour de la “néogéographie“, je vais commencer par donner les définitions des différentes notions en jeu.

Qu’est ce que la néogéographie?

La néogéographie est un néologisme signifiant « nouvelle géographie » rassemblant un ensemble de techniques et d’outils sortant des traditionnels SIG (Système d’Information Géographique). Les SIG sont des outils informatiques permettant d’organiser et présenter des données alphanumériques spatialement référencées, ainsi que de produire des plans et cartes.

Un cartographe professionnel utilisera ArcGIS et parlera de système de projection Mercator, un « néogéographeur » utilisera une API cartographique de type Google Maps, parlera de ficher KML (format Google Earth) ou de Geotagging.

La neogéographie concerne des personnes utilisant et créant leur propre carte, avec des données combinant différents outils existants. On est ici plus concerné par le partage d’informations, d’avis sur des lieux plus ou moins formelles. Par exemple on pourra vous proposer une carte montrant par où est passé Jack Bauer dans la dernière saison de la série “24″. Mais des applications géolocalisants vos dernière photos de vacances semble offrir un véritable intérêt. Le dernier exemple pratique est le suivi en temps réel de la propagation des incendies à San Diego sur Google Maps en octobre dernier.

Cette définition est reprise de l’eBook “Introduction to Neogeography” de Andrew Turner édité par O’Reilly que je vous conseille vivement.

neogeo2

Le débat

Il y a quelques jours, un petit débat dans a eu lieu dans la “blogosphère” suite à la parution de propos de Mike Hickey, CEO de Pitney Bowes Software, l’éditeur de MapInfo, l’un des logiciel phare des SIG.

En effet selon lui, la “néogéographie” (terme sur lequel il ne revient pas), ne fait pas parti des SIG :

the explosion of Neogeography is driving awareness [and] collaborative data consolidation [but it] isn’t GIS.

Hickey a expliqué que, si la neogeographie est axée sur le “Où”, il n’y a pas de création de données et aucune analyse spatiale. Son concept apporte un rôle essentiellement visuel, qui a permis d’être adopté par une majorité.

Beaucoup de réaction sur la “géoblogosphère” (sorry pour le néologisme :-)) :

Cette problèmatique me fait penser à l’analogie que l’on peut faire entre le journalisme et le blogging, le cinéma et la télévision. En faite, chacun a sa propre identité. Les SIG et la néogéographie sont en effet des choses différentes mais cela ne veut pas dire qu’ils sont opposés ou tout à fait étrangés. Ce sont juste des systèmes qui ont un objectif différent.

Les outils et les usages peuvent souvent se chevaucher. Les avancées technologiques de la néogéographie offre la possibilité d’une diffusion majeure auprès du grand public, des développeurs, avec un plus large éventail d’utilisateurs. Ces derniers n’auront bien sûr pas du tout la même approche et la même utilisation des outils que des professionnels des SIG.

neogeo1

La néogéographie est en train de créer de nouveaux outils et données offant ainsi une utilisation concrètes de l’ information géolocalisée. Les fameux “mashups” sont le fruit de toutes ces reflexions. Les experts SIG doivent alors utiliser ces données et ces outils pour l’analyse, la coordination et l’aide à la décision.

Les “néogéographeurs”, grand public, experts et SIG peuvent donc collaborer harmonieusement.

Microsoft rachète Multimap

multimap2 Microsoft vient d’annoncer le rachat de Multimap, le leader en Grande-Bretagne de services de géolocalisation et de cartographie grand public.

Microsoft a déclaré que cette acquisition lui apporterait des technologies de localisation qui complèteront ses services, comme Virtual Earth, Live Search et Windows Live services.

multimap

"Cette acquisition va jouer un rôle significatif dans la croissance future de notre activité de géolocalisation et constitue une opportunité énorme pour étendre notre plateforme en Grande-Bretagne et dans le monde", a déclaré Sharon Baylay, directrice générale de la division des services en ligne de Microsoft.

Une acquisition supplémentaire de Microsoft pour concurrencer Google…

(via LeFigaro.fr)

"La terre vue du ciel"… vu de Google Earth

Près de 500 photographies prises par le photographe français et environnementaliste Yann Arthus-Bertrand ont été dévoilées aujourd’hui dans Google Earth.

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Les photos sont présentées dans un layer dans Google Earth.

Yann Arthus-Bertrand et son association à but non lucratif GoodPlanet.org visant à promouvoir le développement durable, mettent en lumière la beauté de la planète et les enjeux auxquels elle est confrontée.

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Le layer, qui est appelé “Earth from Above” en version originale ou “La Terre vue du ciel”, sera régulièrement mis à jour avec de nouvelles photographies accompagnées de faits et de chiffres liés au impacts sur l’environnement communiqués par GoodPlanet.org (utilisant les données de divers organismes à travers le monde).

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Ce layer est accessible à partir du regroupement de layers de “Sensibilisation mondiale” dans Google Earth, mettant en évidence les questions humanitaires (partie “Infos pratiques” de Google Earth en bas à gauche).

Voici une courte video de présentation de Yann Arthus Bertrand concernant le partenariat avec Google Earth :

Lancement officiel de Geoportail 3D

Lancé en juin 2006, Géoportail le geobrowser de l’IGN (Institut Géographique National), ne cesse de proposer de nouveaux services. Les dernières évolutions du projet ont été officialisées mercredi 5 décembre par Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement Durables. Voici les nouveautés :

  • Les cartes en 3D sur le Géoportail
    Les randonneurs ne pourront pas s’en passer : les cartes géographiques disponibles sur le Géoportail prennent du volume en adoptant la 3D. Géoportail prend aussi en compte le calcul des distances à parcourir sur le sol (et non plus à vol d’oiseau).


  • Les bâtiments en 3D sur le Géoportail
    Géoportail vous propose désormais la restitution des bâtiments en trois dimensions. Cette innovation vient compléter le rendu du relief naturel et permet de naviguer de façon encore plus réaliste et exhaustive dans les paysages urbains.

  • Les parcelles cadastrales en 3D sur le Géoportail
    Géoportail poursuit ses innovations avec la visualisation des parcelles cadastrales en trois dimensions. Cette innovation vient compléter le rendu du relief naturel et du bâti urbain.

  • Les vidéos de l’INA L’Institut National de l’Audiovisuel (INA) ouvre sa vidéothèque aux visiteurs du Géoportail. Quelques 10000 séquences vidéos concernant un millier de communes sont désormais accessibles.

A noter : Pour l’instant, Geoportail en 3D n’est disponible que sur Windows en installant la dernière version de TerraExplorer de Skyline Sofware. Selon MacGeneration, La version Mac est attendue dans le courant du premier trimestre 2008, en même temps que la version Linux.

Quelles perspectives pour Géoportail en 2008 ?

Selon 01Net :

Le développement du Géoportail est loin d’être terminé. Ce sont encore 2 millions d’euros (hors coûts de personnel) qui seront consacrés au projet en 2008. Parmi les réalisation les plus marquantes d’ores et déjà annoncées, on notera la mise en place d’une API, c’est-à-dire d’un module qui permettra à un tiers (simple particulier, association, ou commerce) d’exploiter sur son site Internet le projet de l’IGN, et d’y apposer des informations de son choix. Une fonction depuis longtemps présente sur Google Earth. Par ailleurs, la création d’un espace communautaire est également à l’ordre du jour. Il devrait permettre aux internautes de venir enrichir le Géoportail de nouvelles informations qui pourront être intégrées après validation au projet de l’IGN. Et dans un avenir un peu plus lointain, le Géoportail devrait proposer des représentations des villes de France en HD (haute définition).

Je vous recommande vivement de tester cette nouvelle version de Géoportail. C’est passionnant de parcourir le territoire français avec ces nouvelles données géographiques.

En effet même si Géoportail n’est centré que sur la France, elle n’a rien à envier à Google Earth ou Virtual Earth. Je dirais même que c’est difficile de les comparer. En effet, l’objectif premier de Géoportail est d’offrir un véritable service public de mise à disposition d’information géographique en France. Ses “concurrents” ont une approche beaucoup plus globale… et éventuellement commerciale.

Les progrès fait depuis sont lancement en juin 2006 sont considérables, ce qui est rassurant pour les prochaines évolutions annoncées en 2008.

Dans l’actualité du Géoweb la semaine dernière… (OpenAerialMap, Google Maps Relief et Google Earth)

  • OpenAerialMap
    OpenAerialMap est un site permettant de collecter, d’héberger et de mettre à disposition gratuitement des images aériennes. Ce projet est le complément de OpenStreetMap concernant la cartographie Open Source. Il arrive au moment d’un intérêt croissant pour la création de ses propre images aériennes à partir de drones fabriqués maison (voir DIY Drones est une communauté créé par Chris Anderson) ou via des cerf-volants. Pict’Earth est une société française proposant tous les outils pour créer et géoposionner ses propres images.
    OAM
    Voici quelques exemples :
    - Burning Man 2007
    - Afghanistan
    - San Diego 2003
    - San Diego Widlfires of 2007Je pense que ce sera un sujet important en 2008. En savoir plus sur l’Open Source dans le monde des SIG : “La géomatique libre et open source, une communauté qui grandit et s’affirme !” sur Directions Magazine Français.

    [via O’Reilly Radar]

  • Avenir de Google Earth…?
    Lors de la sortie de la vue “relief”, certains comme TechCrunch ou Didier Durand suggèrent un abandon progressif de Google Earth.
    Cela me semble un peu prématuré. Effectivement, Microsoft avec Virtual Earth propose une solution de cartographie 3D intégralement à travers le navigateur. Cette solution n’est compatible qu’avec Windows XP SP2 ou supérieur. Google Earth est une application “stand-alone” disponible sur les principals OS : Windows, Mac ou Linux. Ceci offre un meilleur qualité de rendu et peut orienter l’outils vers différents usages (grand-public ou professionels). Google Maps et Google Earth sont véritablement complémentaires ne s’adressant pas aux même types de fonctions ou d’usages.
  • Citation de Mickael T. Jones, CTO de Google Earth
    “Google n’est pas intéressée à devenir une grande compagnie de cartographie. Notre travail s’effectue du côté du contexte. La vraie puissance du Web n’est pas le lien comme tel mais plutôt les liens implicites qui relient l’information.”
    Google confirme le rôle qu’il se donne : organiser géographiquement l’information.
    [via Directions Magazine Français]
  • Découvrez la version française de “Directions Magazine”, la référence de l’industrie du géospatial. Plein de news et d’articles très intéressants concernant la géolocalisation, le geoweb et le domaine des SIG.
    Cette version française en ligne depuis octobre 2007 est édité à Québec.