Dans ce billet je tente de donner quelques orientations pour 2008 concernant la géolocalisation. Je ne vais pas m’aventurer sur le thème de la cartographie online ou du geoweb. Par contre il est évident que 2008 promet de nouvelles perspectives en terme de géolocalisation pour le “3ème écran” : le téléphone mobile.
Positionnement de Google

Google n’est et ne sera par une entreprise de cartographie. Son objectif premier est d’organiser géographiquement l’information adaptée au contexte de consultation pour la rendre universellement accessible par les utilisateurs.
Il est donc nécessaire pour Google de canaliser le savoir des personnes sur leurs environnements et de le rendre accessible aux personnes connectées. C’est le début de la construction du GeoWeb.
Google Maps sera sûrement redesigné et pourrait inclure plus d’espace pour le contenu créé par les utilisateurs (user-generated content). Nous allons pouvoir partager plus facilement des événements proches de chez soi, du lieu où l’on se trouve, des recommandations d’amis proches. L’utilisation de Google Maps va devenir plus personnelle.

Avec Android et son consortium, Google souhaite donc installer son propre environnement sur des terminaux mobiles adaptés, facilitant ainsi l’accès à l’information.
Bon nombre de développeurs sont encore trop frustrés par les limites des terminaux mobiles (liées aux opérateurs et aux fabriquants de téléphone).
Mobilité
La géolocalisation est une valeur ajoutée pour toutes sortes d’applications et en particulier les applications mobiles (recherches locales ou messageries instantanées).

Les services de géolocalisation ne connaissent pas encore un véritable succès. Plusieurs raisons à cela :
- Complexité de l’interface
- Nécessité d’une géolocalisation précise : nécessité de terminaux avec GPS
- Manque d’investissement des opérateurs qui parient, pour l’instant, plus sur la télévision mobile que sur de vrais services utilisant la géolocalisation
Les utilisateurs d’applications mobiles font face à une interface complexe. Il est nécessaire que l’expérience utilisateur soit simple et rapide. L’information géolocalisée doit être accessible en un seul clic.

Il est pourtant évident que, dans les prochaines années, les services utilisant la géolocalisation généreront plus de profits que tout autre services mobiles. Il faut voir en cela que de nombreux contextes dans lesquels se trouve l’utilisateur l’orientent vers son téléphone mobile.
Francis Pisani parle de mobiquité :
La mobilité est elle-même en pleine mutation. Il s’agit de rendre compte à la fois du fait que nous pouvons depuis un nombre croissant de lieux et de situations avoir accès à un monde d’informations et de loisirs bientôt aussi riche (ou plus) et infiniment plus cool que celui que nous avions devant nos ordinateurs et nos télés.
Je vous conseille aussi la lecture de cet article de e-tourisme.info sur Dogeball, une sorte de réseau social mobile.
Téléphones et GPS de navigation
Il y a eu, ces 2 dernières années, une véritable démocratisation de l’usage de GPS de navigation. La gamme est de plus en plus étauffée et offre plus de services. Mais ce qui peut manquer à ce type d’appareil est de pouvoir communiquer en temps réel. Il reste encore assez fastidieux de devoir mettre à jour les données de son GPS de navigation pour avoir par exemple les derniers radars, les stations services proches. L’approche temps réel peut exister pour les conditions de trafic avec la norme TMC, mais cela reste assez limité en intéraction.
Tout est donc une question de contexte de mobilité. Pour faire un trajet de 500 km, le GPS de navigation est un très bon outil. En situation de mobilité piéton c’est autre chose et la plus value de ses données n’est pas vraiment des plus adaptées. Le mobile va donc compléter le GPS de navigation et pas le supplanter.
Il semble donc important, pour un service utilisant la géolocalisation sur téléphone mobile, d’éviter à l’utilisateur de saisir l’endroit où il se trouve. C’est une manipulation fastidieuse qui peut très rapidement le rebuter à utiliser le service.

Pour exemple, nous pouvons prendre l’iPhone qui est un appareil unique en son genre. L’interface est simple et accessible. Il est donc possible pour un appareil adapté (écran large et tactile) d’offrir une expérience utilisateur véritablement enrichissante en situation de mobilité. Il est aujourd’hui très complexe pour les développeurs d’applications mobiles d’offrir une application compatible sur parc d’appareils hétérogènes. Heureusement le renouvellement de ce parc est de plus en plus rapide (de 1 à 2 ans) et l’arrivée de l’iPhone et d’Androïd de Google peuvent changer la donne.
En résumé : 2008, l’arrivée de la mobilité version 2.0
- Applications nouvelles et compatibles
- Nouvelle expérience utilisateur
- Localisation automatique précise
- Réseaux sociaux mobiles